Suite du résumé de ma life…

   J’ai 17 ans, je suis en terminale depuis 3 mois et mes parents m’annoncent qu‘on repart dans le Sud. Nouveau clash,  nouvelle cassure. Parce que non seulement, ça voulait dire tout reprendre à zéro encore une fois, mais aussi dire adieu à mes amies, et surtout à mon frère aîné qui ne venait pas avec nous. Il travaillait, avait sa nana donc pour lui, c’était hors de question de bouger. J’ai donc arrêté mes études et ai opté pour un apprentissage. Ma mère s’est donc empressée de me trouver une entreprise seulement le hic, c’est que je commençais avant même qu’on déménage. Et me voilà donc délocalisée dans le Sud, seule, sans amis, sans famille, dans un bled inconnu… C’est là que j’ai appris à m’adapter, à agir en fonction de mon environnement. Puis j’me suis prise au jeu du travail. L’ambiance était sympa, les collègue aussi et j’ai vite zapé ma solitude. Ma famille a débarqué pas loin de 6 mois après…

Puis arrive ce fameux mois de Juillet 1993… Cette année là, j’aurai 18 ans et dans ma tête, j’imagine déjà comment je vais les fêter. Ca sera soirée en boite avec les potes!! Mais si les choses se passaient comme je voulais, ya longtemps que ça se saurait…

 

Ce fameux mois de Juillet donc, visite à la médecine du travail. Au cours de l’auscultation, le médecin sent une grosseur au niveau de mon cou. « Ca fait longtemps que vous avez ça?  » « Bah j’sais pas, assez j’crois… » Rien de plus… Pourtant sa question m’inquiète alors j’vais voir mon toubib. Peut-être la meilleure décision de ma vie. Il m’envoie faire une prise de sang, puis une écho, puis j’passe chez un ORL qui lui m’envoie faire un scanner et encore des prises de sang. Je DÉTESTE les piqûres v_v D’examen en examen, l’ORL décide que c’est bénin et que par précaution, on va enlever la chose.

Vendredi 8 octobre 1993, on m’opère pour la première fois de ma vie et on m’enlève ce qui aurait du être un machin bénin. Après analyse, il s’avère que c’est un nodule cancéreux, fabriqué par ma thyroïde. Mais ça je ne le saurai qu’un mois plus tard…

Vendredi 15 octobre 1993, je suis dans mon lit d’hôpital à attendre qu’on vienne me chercher pour m’amener au bloc afin qu’on me retire la thyroïde. Je pleure, les infirmière se demande si c’est parce que je »sais » ce que j’ai. Bande de connes!! Si un seul d’entre eux avait jeté un oeil à mon dossier, ils auraient vu qu’aujourd’hui, c’était mon anniversaire! Qu’aujourd’hui j’avais 18 ans et que c’est pas en boite avec mes potes que j’allais les passer mais sur une table d’opération avec mes larmes! Ce jour là, pas une seule personne, pas même ma mère ne m’a appelé! C’est ma voisine de chambre qui a dit aux infirmière pourquoi j’pleurais et à mon réveil, elles sont toutes venues me voir et m’ont souhaité mon anniv, ma voisine m’a offert un CD, mais ma mère, elle, elle m’a pas appelée… Et c’était ça ma plus grosse déception de la journée. Depuis j’ai compris qu’elle était inquiète pour moi, mais jamais elle s’est posée la question de savoir si moi j’avais été inquiète. Parce que oui j’avais la trouille! On m’opérait pour la deuxième fois, on m’enlevait un morceau mais j’savais même pas pourquoi. Ma mère avait interdit aux médecins de me le dire, elle voulait le faire elle-même. Et elle l’a fait avec toute la finesse qui la caractérise v_v

Un mois après ma première opération, j’ai rendez-vous au centre Val d’Aurelle à Montpellier. On me dit que c’est pour un traitement qui fait suite aux opérations. Ouai bah ouai, ok, pourquoi pas, vu que je dois déjà prendre un cachet pour remplacer mes hormone thyroïdienne, je suis pas étonnée plus que ça… Et sur le chemin, ma mère me lâche sa petite bombe en pleine gueule. « Au fait, tu sais, à Val d’Aurelle, c’est là qu’on soigne les cancers. » Et moi de répondre « Ha d’accord… ». Plus tard j’ai su qu’elle était toute fière d’annoncer à tout le monde que je l’avais bien pris. Ha ouais tu crois ça connasse??!! Je suis rentrée dans le centre toute seule (bah ouais elle est pas venue avec moi hein v_v) aussi stressée que si j’allais à l’abattoir, àme demander si j’pleurais tout d’suite ou si j’attendais un peu. Là une femme m’a pris en charge (Mme Franck, un véritable ange) et m’a expliqué comment ça se passait. On te met dans une chambre, on te fait avaler une gélule et le 4ème jour, tu passe ta scintigraphie et tu rentre chez toi… Oki oki. Mais le truc qu’on te précise pas, c’est que pendant 4 jours, tu te sens aussi populaire qu’un lépreux! Parce que la gélule, déjà elle arrive dans un conteneur énoooorme, on te la cale direct dans la bouche et on se barre vite fait de la chambre. 4 jours sans voir personne, on te pose la bouffe dans un sas, t’as pas le droit d’ouvrir les fenêtre (mais t’es fumeur alors t’en bat la race et t’ouvre quand même XD) et encore moins de sortir de ta chambre. Et quand tu en sors forcément, tu demande pourquoi. Et la réponse est claire comme de l’eau de roche : ta gélule contient de l’iode radioactive donc tu es radioactive. Okayyyyy…. Donc je passe ma scinti et là je vois enfin le doc et lui pose la question qui me démange depuis que ma mère m’a balancé sa merde dans la gueule : qu’est-ce que j’ai???

Verdict : cancer de la thyroïde. C’est la thyroïde qui sécrète les cellules cancéreuse donc on a tout enlevé (en général, ils n’en enlève qu’une partie en cas de problème thyroïdien) et il commençait à y avoir des foyers cancéreux qui se formaient dans l’estomac et la vessie. Mais il reste quand même des résidus de ladite thyroïde qui continuent leur travail, ce qui veut dire qu’il faudra revenir jusqu’à ce que tout les foyers aient disparus. Il m’annonce gaiement qu’en 3 ou 4 séances, ça sera réglé! Cool, sauf qu’à ce jour, j’en ai déjà fait 13 et que je sais qu’il y en aura une 14ème un jour ou l’autre. Prochain bilan l’an prochain, alors on croise les doigts… En attendant j’fais mes prises de sang régulièrement,  je prends mon tit cachet tous les matins mais il m’arrive d’avoir des périodes où j’envoie tout balader. Ce cachet ça fait 16 ans qu’il fait partie de ma vie et il m’accompagnera jusqu’au bout. Moi qui suis pas médoc autant dire que ça me soule…  De plus, grâce à ce cher traitement, on m’a fait avorter une fois, sans me demander mon avis. Si j’ai 3 enfants aujourd’hui, c’est parce que j’me suis battue pour ça .J ‘aime toujours pas les piqûres, j’ai développé une aversion pour les toubibs mais j’y fonce dès que j’me découvre un truc chelou. Le dernier truc chelou c’était ya presque 9 ans. Me suis mise à saigner du nez sans raison, une fois, puis deux, puis trois… Direction toubib, boule au ventre et noeud dans la gorge, à te demander quelle merde t’a encore chopé. Et quand t’entend « c’est juste une réaction physique au stress » tu lâche un soupir qui pourrait déclencher un tsunami emoticone

 

Un truc que t’apprends très vite aussi quand t’as eu un cancer, c’est que moins tu en parles, plus tu as de chance de garder tes amis. Rares sont ceux qui sont au courant et à part Ninie, aucun ne connaît tous les détails. J’espère que ce petit article les aidera à comprendre que non, je n’vais pas mourir au moindre rhume, que si je saigne du nez à une période où ça va pas ça veut pas dire que j’ai une leucémie, que oui j’ai l’intention de rester là encore longtemps à vous pourrir la vie avec mes conneries emoticone Pour les autres, ceux qui m’ont tourné le dos quand ils ont su, ben tant pis pour vous emoticone

 

 

Allez, la suite sera plus gaie… ou pas emoticone

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